L'habitat et l'architecture au Sahara occidental
L'architecture du Sahara occidental combine un habitat nomade ancien, quelques ensembles bâtis antérieurs au XXe siècle, des installations coloniales espagnoles et une urbanisation rapide depuis les années 1970. Les formes diffèrent nettement entre les villes de la partie administrée par le Maroc et les camps de Tindouf.
Khaïma et organisation du campement
La khaïma, tente traditionnelle, se compose de bandes tissées en poil de chameau et de chèvre, cousues entre elles et tendues sur des piquets de bois. Son intérieur se divise par une tenture, une partie recevant les hôtes et l'autre abritant les ustensiles et la vie familiale. Le sol se couvre de nattes et de tapis, et le mobilier se limite à des coffres, des outres et des matelas. Les campements regroupaient plusieurs tentes apparentées, disposées selon le vent et la proximité du point d'eau.
Habitat semi-nomade
La sédentarisation, engagée sous administration espagnole et accélérée après 1975, a fait cohabiter la tente et la maison en dur. De nombreuses familles conservent une khaïma dressée dans la cour ou sur la terrasse, utilisée pour recevoir et pour les fêtes.
Ksour et postes espagnols
Smara, fondée en 1898 autour d'une zaouia et de bâtiments en pierre, constitue le principal ensemble bâti ancien du territoire, endommagé en 1913. Villa Cisneros, aujourd'hui Dakhla, fut établie sur la presqu'île en 1884, et Laayoune fut fondée en 1938 comme poste espagnol. Ces sites conservent des casernes, des églises et des maisons blanches à toit-terrasse.
Urbanisme de Laayoune et de Dakhla
Depuis 1976, l'administration marocaine a doté ces deux villes de larges avenues, de places administratives et de quartiers de logements standardisés. Les programmes récents reprennent des motifs sahariens, arcades, murs clairs et décors géométriques, sur des bâtiments de facture contemporaine. La croissance démographique, alimentée par les migrations internes, a étalé le tissu urbain vers la périphérie.
Camps de Tindouf
Les camps installés près de Tindouf associent des tentes fournies par les organisations humanitaires et des constructions en briques de terre crue. Les familles ajoutent des pièces au fil du temps autour d'une cour, tandis que les écoles, les dispensaires et les bâtiments administratifs suivent un plan régulier. Les pluies exceptionnelles d'octobre 2015 ont détruit une partie de ces constructions en terre.
Matériaux et contraintes du désert
Le vent de sable, l'écart thermique entre le jour et la nuit et la rareté de l'eau orientent les choix de construction, avec des murs épais, des ouvertures réduites et des cours intérieures. Le béton et la tôle se sont généralisés dans les villes, malgré leur mauvais comportement thermique.