L'artisanat sahraoui
L'artisanat sahraoui découle des besoins de la vie nomade, où chaque objet devait rester léger, réparable et fabriqué à partir de matières locales. Il se maintient aujourd'hui par des ateliers familiaux et des coopératives, dans les villes administrées par le Maroc comme dans les camps de Tindouf.
Travail du cuir
Les peaux de chèvre et de chameau, tannées avec des écorces et des plantes du désert, servent à confectionner des outres, des coussins, des étuis et des sacs. Les artisans les décorent de découpes géométriques, de teintures et de coutures colorées. Les sacs et les portefeuilles constituent aujourd'hui les articles les plus vendus aux visiteurs.
Bijoux d'argent
Les bijoutiers travaillent l'argent en bracelets, colliers, boucles et pendentifs ornés de motifs gravés, parfois associés à des perles, à de l'ébène ou à des cornalines. Certaines pièces reprennent des formes anciennes portées lors des mariages et transmises entre femmes d'une même famille.
Tissage de la tente et des nattes
Les femmes tissent les bandes de poil de chameau et de chèvre qui composent la khaïma, puis les assemblent lors de rassemblements collectifs. Les nattes se fabriquent avec des tiges végétales liées par des lanières de cuir et servent à isoler le sol ou à fermer un côté de la tente.
Poterie et sculpture sur bois
La poterie occupe une place modeste, en raison de la rareté de l'argile et de la mobilité ancienne des familles. Le bois d'acacia fournit des plats, des cuillères, des mortiers et les pièces des instruments de musique, tournés ou taillés à la main.
Teinture des melhfa
La melhfa, longue pièce d'étoffe que les femmes drapent autour du corps, se décline en couleurs et en motifs qui varient selon les âges et les occasions. Les tissus proviennent en grande partie de Mauritanie et d'Asie, puis reçoivent localement des teintures et des impressions. Les nuances indigo tiennent une place particulière dans les usages anciens.
Coopératives féminines et vente
Des coopératives regroupent des artisanes à Laayoune, à Dakhla et dans les camps de Tindouf, avec l'appui d'associations et d'organismes publics selon les zones. Elles écoulent leur production sur les marchés locaux, lors de salons et par internet. Les acheteurs distinguent difficilement les pièces artisanales des articles importés, ce qui pèse sur les prix.