Histoire du Sahara occidental

Le Sahara occidental figure depuis 1963 sur la liste des territoires non autonomes des Nations unies et son statut final n'est pas réglé. Son passé associe un long peuplement nomade, une colonisation espagnole tardive et un conflit ouvert depuis 1975. Les récits qu'en proposent le Maroc et le Front Polisario divergent sur de nombreux points, et plusieurs chiffres restent invérifiables. Les repères qui suivent s'en tiennent à des faits datés.

Peuplement berbère et arabisation

Les populations anciennes du territoire appartenaient à des groupes berbères, notamment sanhaja, qui pratiquaient l'élevage nomade entre pâturages et points d'eau. Au XIe siècle, le mouvement almoravide se forma dans ces confins sahariens avant d'étendre son autorité jusqu'à la péninsule Ibérique. À partir du XIIIe siècle, des tribus arabes maqil, parmi lesquelles les Beni Hassan, migrèrent vers l'ouest du Sahara. Leur installation entraîna l'arabisation linguistique de la région et donna naissance au hassaniya.

Caravanes et commerce transsaharien

Le territoire servait de zone de passage entre le Maghreb et les villes du Sahel. Les caravanes y acheminaient sel, dattes et textiles vers le sud, puis remontaient chargées d'or, de gomme et de peaux. Les tribus contrôlaient les puits et prélevaient des droits sur les convois. Ce trafic déclina au XIXe siècle avec l'essor des routes maritimes.

Présence espagnole

En 1884, l'Espagne installa un comptoir sur la côte de Rio de Oro et notifia sa prise de possession aux puissances européennes. Des accords conclus avec la France en fixèrent les limites entre 1900 et 1912. Rio de Oro au sud et Saguia el-Hamra au nord furent réunis en 1924 sous le nom de Sahara espagnol. Madrid avait fondé Laayoune en 1938 et transforma le territoire en province espagnole en 1958, avant d'engager l'exploitation des phosphates de Boucraa dans les années 1960. Le Front Polisario, créé en 1973, ouvrit alors un conflit armé contre l'administration coloniale.

Marche verte et accords de Madrid

Le 16 octobre 1975, la Cour internationale de justice rendit un avis consultatif qui relevait des liens juridiques anciens entre le territoire, le Maroc et l'ensemble mauritanien, sans établir de lien de souveraineté territoriale. Le 6 novembre 1975, le Maroc organisa la Marche verte, qui conduisit des civils vers la frontière. Le 14 novembre 1975, l'Espagne, le Maroc et la Mauritanie signèrent les accords de Madrid, qui organisaient une administration partagée. L'Espagne acheva son retrait en février 1976 et le Front Polisario proclama la République arabe sahraouie démocratique le 27 février 1976.

Guerre et mur de sable

Les combats opposèrent le Front Polisario aux forces marocaines et mauritaniennes. Des dizaines de milliers de Sahraouis gagnèrent la région de Tindouf, en Algérie, où des camps de réfugiés furent installés. La Mauritanie renonça à ses revendications en août 1979 et le Maroc étendit son contrôle à la zone qu'elle quittait. À partir de 1980, l'armée marocaine édifia par tronçons successifs un mur de sable, achevé pour l'essentiel en 1987, qui sépare la partie du territoire administrée par le Maroc de la zone à l'est.

Cessez-le-feu et blocage du référendum

Le Conseil de sécurité créa la MINURSO en avril 1991 et un cessez-le-feu entra en vigueur le 6 septembre 1991. Le plan de règlement prévoyait un référendum d'autodétermination, que le désaccord sur la composition du corps électoral empêcha d'organiser. Le Maroc présenta en 2007 un plan d'autonomie sous souveraineté marocaine, tandis que le Front Polisario maintenait sa demande d'un référendum incluant l'indépendance. En novembre 2020, des incidents dans la zone de Guerguerat amenèrent le Front Polisario à déclarer le cessez-le-feu rompu, et des opérations militaires reprirent le long du mur.