Economie du Sahara occidental

Le Sahara occidental figure depuis 1963 sur la liste des territoires non autonomes des Nations unies et son statut final n'est pas réglé. Le Maroc administre la plus grande partie du territoire, à l'ouest du mur de sable, et y applique son droit et ses services publics. Le Front Polisario, qui proclame la République arabe sahraouie démocratique, contrôle la zone située à l'est du mur, et des dizaines de milliers de Sahraouis vivent dans des camps de réfugiés près de Tindouf, en Algérie.

Absence de comptabilité nationale distincte

Aucune institution ne publie de comptes économiques portant sur le seul Sahara occidental. Les données les plus détaillées proviennent du Haut-Commissariat au plan marocain, qui raisonne par régions administratives. L'expression marocaine de provinces du Sud englobe ainsi Guelmim-Oued Noun, située au nord du territoire, si bien que les agrégats régionaux ne coïncident pas avec ses limites. Pour la zone à l'est du mur, aucune statistique économique indépendante n'existe.

Investissements publics marocains

Depuis 2015, les autorités marocaines conduisent un programme de développement des provinces du Sud, doté selon elles d'une enveloppe de l'ordre de 77 milliards de dirhams. Le Haut-Commissariat au plan situait en 2023 le produit intérieur brut par habitant à 89 533 dirhams dans la région de Dakhla-Oued Ed-Dahab et à 69 069 dirhams dans celle de Laâyoune-Sakia El Hamra, contre 40 508 dirhams pour la moyenne marocaine. Le Front Polisario et plusieurs organisations non gouvernementales en contestent la légitimité.

Poids de la pêche et des phosphates

Les ressources halieutiques constituent le premier secteur productif. La secrétaire d'Etat marocaine chargée de la Pêche maritime indiquait en novembre 2024 que 80 % des volumes débarqués au Maroc provenaient en 2023 des ports et sites des provinces du Sud. Les phosphates viennent ensuite, avec la mine de Bou Craa exploitée par Phosboucraa, filiale du groupe OCP, qui annonce une capacité d'extraction de 4 millions de tonnes par an. Western Sahara Resource Watch estime la production effective entre 1 et 2 millions de tonnes, estimation que l'exploitant ne confirme pas.

Emploi public et subventions

L'administration et les établissements publics pèsent lourd dans les revenus locaux, aux côtés de primes de résidence et de subventions portant sur les carburants. Selon le recensement marocain de 2024, le chômage des trois régions du Sud est passé de 13,1 % en 2017 à 22,2 % en 2024.

Economie des camps de Tindouf

Dans les camps installés en Algérie, l'économie repose principalement sur l'aide internationale, sur un petit commerce et sur des transferts de la diaspora. Human Rights Watch évoquait en mars 2026 au moins 173 000 réfugiés sahraouis dans ces camps. Faute de recensement accepté par toutes les parties, ces chiffres restent discutés.