Emploi et travail au Sahara occidental

Le marché du travail de la partie du territoire administrée par le Maroc présente des traits contrastés, avec des revenus moyens supérieurs à la moyenne marocaine et, dans le même temps, un chômage élevé. Les données disponibles proviennent du Haut-Commissariat au plan et portent sur des régions administratives dont les contours ne recouvrent pas exactement ceux du territoire.

Poids du secteur public

L'administration, les collectivités territoriales, les établissements publics et les entreprises à capitaux publics emploient une part importante de la population active salariée. Des primes de résidence et des avantages spécifiques rendent ces emplois particulièrement recherchés. Cette configuration limite le développement d'un secteur privé diversifié en dehors de la pêche, de l'agriculture et du bâtiment.

Chômage des jeunes

Selon les données du Haut-Commissariat au plan issues du recensement de 2024, le taux de chômage des trois régions du Sud est passé de 13,1 % en 2017 à 22,2 % en 2024, pour une population active de 372 000 personnes âgées de 15 ans et plus. Le taux d'emploi s'établissait la même année à 32,6 % dans la région de Laâyoune-Sakia El Hamra et à 53 % dans celle de Dakhla-Oued Ed-Dahab. Les jeunes diplômés restent les plus exposés, ce qui alimente des mouvements de protestation récurrents.

Main d'oeuvre venue d'autres régions

Les chantiers, les usines de transformation et une partie des services recourent à une main d'oeuvre venue d'autres régions du Maroc. Cette mobilité, encouragée par les salaires et par la commande publique, nourrit des tensions sur l'accès à l'emploi local et fait l'objet de lectures opposées entre les autorités marocaines et le Front Polisario.

Saisonnalité de la pêche

La pêche et la transformation offrent de nombreux emplois, mais leur rythme dépend des campagnes, des quotas et des périodes de repos biologique. De longues interruptions se traduisent par des revenus discontinus, en particulier pour les marins embarqués à la part et pour les ouvrières des usines de conditionnement.

Formation professionnelle

Des établissements de formation professionnelle et des instituts spécialisés dans les métiers de la mer, du bâtiment et du tourisme fonctionnent à Laayoune et à Dakhla, aux côtés d'établissements d'enseignement supérieur récents. L'adéquation entre les formations dispensées et les besoins des employeurs demeure un sujet de débat public.

Emploi dans les camps de Tindouf

Dans les camps installés près de Tindouf, en Algérie, les possibilités d'emploi rémunéré restent très limitées. L'activité se concentre sur l'administration mise en place par le Front Polisario, les services humanitaires, le petit commerce et l'élevage. Aucune statistique du travail comparable à celles produites dans la partie administrée par le Maroc n'existe pour ces camps.