Administrations et institutions

Deux ensembles institutionnels coexistent au Sahara occidental sans se reconnaître. Le Front Polisario fait fonctionner les organes de la République arabe sahraouie démocratique depuis les camps de Tindouf et la zone à l'est du mur.

Administration marocaine du territoire

Le Maroc applique dans la partie qu'il administre le droit commun du Royaume, ses juridictions et ses forces de sécurité. Les scrutins nationaux et locaux s'y déroulent selon le calendrier marocain. Le Front Polisario et l'Algérie contestent la validité de ces opérations au regard du statut de territoire non autonome.

Régions, walis et conseils élus

Le découpage de 2015 a institué les régions de Laayoune-Sakia El Hamra et de Dakhla-Oued Ed-Dahab. Un wali nommé par le roi y représente l'Etat, tandis qu'un conseil régional élu au suffrage universel direct exerce des compétences économiques et d'aménagement. Les provinces sont dirigées par des gouverneurs et les communes par des conseils élus.

Conseil royal consultatif pour les affaires sahariennes

Le Conseil royal consultatif pour les affaires sahariennes, créé en 1981 et réorganisé par un dahir de mars 2006, siège à Laayoune. Il réunit des chefs de tribus et des élus et rend des avis au roi. Ses détracteurs lui reprochent l'absence de pouvoir décisionnel et un mode de désignation non électif.

Contenu du plan d'autonomie proposé par le Maroc

La proposition déposée aux Nations unies en avril 2007 prévoit une région autonome dotée d'un parlement élu, d'un exécutif local et de juridictions propres, compétente notamment pour l'économie, la fiscalité locale et l'aménagement. Le Maroc conserverait la souveraineté, le drapeau, la monnaie, la religion, la défense et les relations extérieures. Le statut serait soumis à une consultation des populations concernées. Des articles de presse publiés en 2026 évoquent des discussions sur la désignation du responsable de l'exécutif régional.

Institutions revendiquées par la République sahraouie

La République arabe sahraouie démocratique dispose d'une constitution, d'un président qui est aussi secrétaire général du Front Polisario, d'un gouvernement et d'un Conseil national sahraoui faisant office de parlement. Ces organes fonctionnent depuis Rabouni et la zone à l'est du mur, Bir Lehlou étant désignée comme capitale provisoire.

Congrès et direction du Front Polisario

Le congrès du Front Polisario, réuni tous les 3 à 4 ans, élit le secrétaire général. Le seizième congrès s'est tenu en janvier 2023 dans le camp de Dakhla et a reconduit Brahim Ghali. Le 10-septième congrès, annoncé puis reporté depuis 2025, n'avait pas été tenu au début de septembre 2026 selon la presse régionale.

Administration des camps de Tindouf

Les camps sont administrés par le Front Polisario, qui les organise en wilayas, en dairas et en comités populaires chargés de la santé, de l'éducation et de la distribution de l'aide. L'Algérie fournit le terrain, la sécurité et l'appui logistique, tout en se présentant comme un pays voisin observateur du processus onusien. Le Haut Commissariat des Nations unies pour les réfugiés et le Programme alimentaire mondial y conduisent des programmes d'assistance, sans avoir procédé à l'enregistrement individuel réclamé par le Conseil de sécurité.