Libertés publiques au Sahara occidental

Les libertés publiques au Sahara occidental font l'objet d'appréciations opposées. Les organisations internationales de défense des droits humains publient des constats critiques sur la partie administrée par le Maroc comme sur les camps de Tindouf, et chaque partie conteste les rapports qui la visent.

Cadre légal applicable dans la partie administrée par le Maroc

La Constitution marocaine de 2011 garantit les libertés d'expression, de réunion et d'association, et le Conseil national des droits de l'homme dispose de commissions à Laayoune et à Dakhla. Human Rights Watch relève cependant que les associations favorables à l'indépendance se voient refuser l'enregistrement légal.

Procès de Gdeim Izik

Un campement de protestation installé en octobre 2010 près de Laayoune a été démantelé le 8 novembre 2010, journée marquée par des morts parmi les forces de sécurité et par des violences urbaines. Un tribunal militaire a condamné 25 personnes en 2013, jugement cassé puis rejugé par une juridiction civile de Rabat qui a prononcé en juillet 2017 des peines allant jusqu'à la perpétuité. Human Rights Watch et Amnesty International ont estimé que les tribunaux s'étaient appuyés sur des aveux contestés sans enquêter sur les allégations de torture. Le Comité des Nations unies contre la torture avait conclu en 2016, dans le cas de Naâma Asfari, à une violation de la convention.

Militants et personnes détenues

Amnesty International signale dans son rapport annuel de 2026 des arrestations arbitraires de militants sahraouis, une surveillance prolongée, des assignations de familles à leur domicile et la dispersion violente de manifestations en faveur de l'indépendance au début de 2025. Le Maroc répond que ces poursuites relèvent du droit commun.

Accès des journalistes et des observateurs

Des journalistes, des chercheurs et des délégations parlementaires étrangères ont été refoulés ou expulsés du territoire, selon Reporters sans frontières et Human Rights Watch. Le Maroc affirme que l'accès reste ouvert et invoque le défaut d'accréditation. Le Haut Commissariat des Nations unies aux droits de l'homme n'a effectué que des missions ponctuelles, la dernière remontant à 2015.

Mandat de la MINURSO et surveillance des droits humains

La MINURSO ne dispose pas de composante consacrée aux droits humains. Une proposition en ce sens n'a pas abouti en 2013 au Conseil de sécurité. Les résolutions successives se limitent à encourager la coopération avec les mécanismes onusiens, formulation que l'Algérie et le Front Polisario jugent insuffisante et que le Maroc estime adaptée.

Situation dans les camps de Tindouf

Dans les camps, l'Algérie a délégué l'administration au Front Polisario. Human Rights Watch y a relevé des restrictions à la liberté d'expression, l'absence de reddition de comptes pour des abus commis lors des premières décennies et la persistance de discriminations liées aux statuts sociaux hérités. Le Front Polisario met en avant la liberté de circulation. Le Maroc met en cause la responsabilité de l'Algérie en tant qu'Etat d'accueil.

Réponses des parties

Le Maroc conteste la méthodologie des rapports qui le visent et rappelle les institutions nationales dont il s'est doté. Le Front Polisario récuse les critiques portant sur les camps.