Peuples, tribus et communautés

La population du Sahara occidental s'organise historiquement en tribus et en fractions issues d'un peuplement mêlant apports arabes et berbères. Ces appartenances gardent une place dans la vie sociale et elles ont pesé sur les tentatives d'identification des ayants droit à un référendum. Les effectifs de chaque groupe ne font l'objet d'aucun recensement public.

Structure tribale sahraouie

La société sahraouie se compose de confédérations regroupant des tribus et des fractions, longtemps organisées autour de l'élevage nomade du chameau et du contrôle des points d'eau. Une assemblée de notables, la djemaa, réglait les différends avant la colonisation espagnole. La sédentarisation, les sécheresses des années 1960 et 1970 puis le conflit ont transformé ces structures, qui subsistent surtout comme cadre de solidarité familiale.

Confédération Reguibat

Les Reguibat forment le groupe le plus nombreux et se répartissent entre plusieurs branches, notamment les Reguibat Sahel à l'ouest et les Reguibat Charg à l'est. Leur aire de parcours couvrait le sud du Maroc, le nord de la Mauritanie et le sud-ouest de l'Algérie. Ils sont fortement représentés dans les cadres du Front Polisario comme parmi les élus de la partie administrée par le Maroc.

Tekna, Oulad Delim et autres groupes

La confédération Tekna occupe le nord du territoire et le sud du Maroc et rassemble des fractions d'origine mixte, arabe et berbère, dont les Aït Lahsen et les Izarguien. Les Oulad Delim, installés dans le sud, se rattachent aux tribus guerrières d'origine hassane. D'autres ensembles, parmi lesquels les Oulad Tidrarin, les Arosien et les familles maraboutiques issues de Cheikh Ma El Ainin, complètent ce paysage. Des groupes d'anciens statuts serviles, souvent désignés sous le terme de haratine, restent socialement distincts, et des organisations de défense des droits humains ont documenté la persistance de séquelles de l'esclavage dans la région.

Langues et pratiques religieuses

La langue de la vie quotidienne est le hassaniya, parler arabe partagé avec la Mauritanie et le sud du Maroc. L'arabe standard sert de langue officielle aux deux administrations et l'espagnol demeure très présent dans les camps de Tindouf, alors que le français domine comme deuxième langue dans la partie administrée par le Maroc. Des fractions Tekna conservent un usage du tachelhit. La population pratique l'islam sunnite de rite malékite.

Populations venues d'autres régions du Maroc

Depuis 1975, des habitants originaires d'autres régions du Maroc se sont installés dans le territoire, attirés par l'emploi public, les incitations fiscales et les subventions. Le Maroc y voit la mobilité normale de ses citoyens. Le Front Polisario et plusieurs organisations dénoncent une politique de peuplement qui modifierait le corps électoral d'un futur scrutin. Cette divergence a contribué au blocage du processus d'identification conduit par la MINURSO entre 1993 et 1999.

Communautés sahraouies hors du territoire

Des communautés sahraouies vivent en Mauritanie, notamment à Nouadhibou et à Zouerate, ainsi qu'en Espagne, où les Canaries et la région de Madrid accueillent une diaspora ancienne. Des programmes d'accueil temporaire d'enfants des camps dans des familles espagnoles se déroulent chaque été depuis les années 1990.