Données socio-démographiques du Sahara Occidental

Aucune opération statistique récente et acceptée par l'ensemble des parties ne couvre la totalité du Sahara occidental. Les séries disponibles proviennent d'acteurs qui s'opposent sur le statut du territoire et chacune est contestée. Les chiffres qui suivent sont donc présentés avec leur source et leur date.

Absence de recensement contradictoire

Le dernier dénombrement mené par la puissance coloniale espagnole date de 1974 et avait recensé un peu moins de 74 000 personnes. Le processus d'identification des électeurs conduit par la MINURSO entre 1993 et 1999 avait retenu environ 86 000 votants potentiels, avant d'être suspendu faute d'accord sur les critères d'éligibilité. Aucune opération commune n'a été menée depuis lors.

Chiffres marocains pour les régions du Sud

Le recensement général marocain de septembre 2024, publié par le Haut Commissariat au plan, attribue 451 028 habitants à la région de Laayoune-Sakia El Hamra et 219 965 habitants à la région de Dakhla-Oued Ed-Dahab. Ces périmètres ne se superposent pas exactement au territoire inscrit sur la liste des Nations unies, puisque la province de Tarfaya se situe au nord du parallèle 27 degrés 40 minutes. Le Front Polisario et l'Algérie contestent la valeur de ces données.

Estimations relatives aux camps de Tindouf

Le Front Polisario et l'Algérie avancent depuis longtemps un ordre de grandeur proche de 165 000 réfugiés. Le Haut Commissariat des Nations unies pour les réfugiés n'a jamais procédé à un enregistrement individuel de cette population, l'Algérie ayant écarté les demandes en ce sens, et il planifie son assistance sur la base d'un effectif de 90 000 personnes vulnérables retenu depuis 2005. Le consortium d'organisations non gouvernementales présentes sur place fait état de plus de 173 600 personnes concernées par l'aide. Le Maroc juge ces effectifs surévalués et réclame un recensement, demande relayée à plusieurs reprises par le Conseil de sécurité.

Composition de la population et urbanisation

La population de la partie administrée par le Maroc associe des Sahraouis originaires du territoire et des personnes venues d'autres régions du Maroc depuis 1975, sans que la proportion de chaque groupe soit établie par une statistique publique. L'habitat est très majoritairement urbain et se concentre autour de Laayoune, puis de Dakhla, de Smara et de Boujdour. La population est jeune et le taux d'alphabétisation des régions du Sud figure parmi les plus élevés du pays selon le Haut Commissariat au plan.

Conditions de vie et dépendance à l'aide

Dans les camps de Tindouf, l'économie repose largement sur l'aide humanitaire internationale, complétée par le petit commerce. Les enquêtes nutritionnelles du Haut Commissariat pour les réfugiés et du Programme alimentaire mondial signalent des taux élevés d'anémie chez les femmes et les enfants ainsi qu'un retard de croissance persistant.

Mobilités et émigration

Une partie des jeunes du territoire et des camps émigre vers l'Espagne, où résident des communautés sahraouies anciennes, en particulier aux Canaries et dans la région de Madrid. Le programme de visites familiales organisé par les Nations unies a connu plusieurs interruptions, ce qui laisse de nombreuses familles séparées.