Ecoles et enseignement au Sahara occidental

Deux systèmes éducatifs coexistent pour les enfants sahraouis, celui du Maroc dans la partie du territoire qu'il administre, et celui mis en place par le Front Polisario avec l'appui d'organisations internationales dans les camps de réfugiés proches de Tindouf, en Algérie. Les parcours et les langues d'enseignement y diffèrent sensiblement.

Système scolaire marocain

Dans la partie administrée par le Maroc, les écoles, collèges et lycées relèvent du ministère marocain de l'Education nationale et suivent les mêmes programmes que le reste du royaume, en arabe avec introduction du français puis d'autres langues. Le réseau public s'est densifié à Laayoune, Dakhla, Smara et Boujdour, où existent aussi des établissements privés et des internats destinés aux élèves des zones éloignées.

Universités et écoles supérieures

L'enseignement supérieur s'est développé récemment, avec une faculté de médecine et de pharmacie à Laayoune et des écoles supérieures de technologie rattachées à l'université Ibn Zohr d'Agadir. Des écoles nationales des technologies avancées ouvrent à Laayoune et à Dakhla à la rentrée universitaire 2026-2027, dans des locaux provisoires en attendant leurs campus définitifs. Une partie des étudiants poursuit malgré tout ses études à Agadir, Marrakech ou Rabat.

Bourses et aides

Les étudiants originaires des provinces du Sud bénéficient de bourses, d'aides au logement et de quotas dans certaines filières, dispositifs présentés par les autorités marocaines comme un instrument de promotion sociale.

Ecoles des camps de Tindouf

Dans les camps, l'enseignement primaire et secondaire est assuré par une administration éducative sahraouie, avec le soutien de l'Unicef, du Haut-Commissariat des Nations unies pour les réfugiés et du service humanitaire de l'Union européenne. Un programme financé par l'Union européenne à hauteur de 1,7 million d'euros vise l'amélioration des conditions de scolarisation d'environ 40 000 enfants et adolescents. Les écoles souffrent de bâtiments dégradés, de fortes chaleurs et de moyens pédagogiques insuffisants.

Etudiants sahraouis formés à l'étranger

Faute d'université dans les camps, les bacheliers poursuivent leurs études en Algérie, à Cuba, en Espagne ou dans d'autres pays, dans le cadre d'accords de coopération anciens. Ces parcours produisent des diplômés hispanophones et arabophones dont le retour et l'insertion professionnelle restent difficiles.

Alphabétisation

Les taux d'alphabétisation progressent des deux côtés, portés par la scolarisation des filles. Les données restent toutefois difficiles à comparer, les statistiques marocaines portant sur des régions administratives et celles relatives aux camps provenant d'enquêtes ponctuelles menées par les agences humanitaires.